

«My Body» est un petit blog d'informations
sur les idées et réflexions qui viennent et sur les événements qui passent...
Il y a une fascination actuelle pour l'abandon des efforts dans bien des domaines. Parfois, on pourrait entrevoir une nouvelle représentation du monde dans laquelle il faudrait se “laisser tranquille” ou se “cocooner” et “se faire du bien”, ce serait notre horizon d'attente. Ce sont les nouvelles expressions qui fleurissent à profusion et traduisent une certaine vision... Si l'on accepte le fait que le langage routinier fabrique la réalité du temps.
Mais il faut prendre le recul nécessaire à l'analyse, avant d'œuvrer.

Je comprends une partie de cette tendance hédoniste, mais cela n'est qu'une mode qui s'accorde avec l'inconscient collectif ambiant, et cela sera balayé d'ici peu par une nouvelle doxa. Aussi, avant toute autre considération, nous voyons déjà que ce discours d'endormissement des grandes exigences (ainsi qu'il pourrait convenir de le nommer) n'a pas toujours eu les mêmes grâces des auteurs au cours du temps.
Il y a quelques dizaines d'années en arrière, les livres, les enseignements, les approches sportives hors compétition préconisaient l'effort constant tourné vers l'objectif.
Déjà, je ne veux pas dire ”c'était mieux avant”, mais de faire prendre conscience que les manière de voir les choses varient dans le temps.
Lorsque l'on est coach sportif depuis longtemps, on est en capacité de sonder la constance et la profondeur de l'engagement dans l'action et actuellement, il y a quelque chose qui se refuse à cela, préférant le divertissement, le confort et la velléité.
Cela n'est pas un problème en soi, si ce n'est que, à mon sens, la nature profonde de l'âme humaine est faite pour les questions, les luttes, pour l'ascèse, pour l'approfondissement et le désir de s'élever.
Peut-être, nous sommes fabriqués comme ça en définitive ! Nous devons ressentir cette tension de frustration de ne jamais réellement pouvoir atteindre le but, et ceci doit être tendu en nous comme la corde d'un arc aiguisé qui fait que chaque jour, nous lutterons encore et toujours.
Voilà : il n'est écrit nulle part que nous serons heureux, ceci est une promesse marketing pour grande surface. Par contre, ce qui nous rend heureux est le moment de l'action.
C'est se mettre en conformité avec les aspirations qui élèvent et faire les efforts nécessaires.
Naturellement, je me permets de donner de petits conseils qui dépassent le cadre du sport, car si le sport est le cadre d'action, il permet aussi d'aller chercher des objectifs honorables pour sa vie courante.
Les questions relatives à la motivation m'ont très souvent inspirée pour la simple et bonne raison que j'ai dû batailler pour ne pas la perdre moi-même à une certaine période de ma vie. Aussi, c'est légitimité de pouvoir en témoigner pour aider d'autres personnes à avoir quelques pistes de réflexion.
En pensant au sport et à tous ses enjeux (santé, perte de poids, esthétisme, compétition...) mais aussi à d'autres buts personnels que l'on se fixe dans la vie et que chaque personne est à même d'imaginer, j'ai constaté la chose suivante :
Les choses arrivent lorsqu'on devient capable de mettre en mouvement son corps au sein du temps et de l'espace, dans la vie réelle ! Donc, il y a avant tout une notion de mouvement au sens le plus large.
Mais pour que tout se fasse avec maestria, il faut aussi un point fixe. Ce point fixe est à l'intérieur de la tête, c'est une image éthérée mais magistralement puissante. C'est le but, la volonté quasi obsessionnelle de l'atteindre.
Aussi, m'est apparu cet antagonisme fascinant qui se joue entre mobilité du corps et fixité de l'objectif.
Lorsque l'on appréhende cela, soudain, on se rend compte que la vie moderne nous pousse subtilement à rendre le point qui devrait être fixe incroyablement mobile, et inversement.
Ainsi qu'un petit diablotin qui détourne notre attention, cela opère de la manière suivante : la distraction permanente, le flux d'information et d'images crée de l'agitation dans la tête, un mouvement erratique et velléitaire ainsi qu'un petit écureuil qui court partout, tandis que le corps est maintenu dans la fixité. (Allongé dans le canapé… dirais-je !)
Le contraire de ce qu'il faut.
Ainsi, voici mes préconisations :
-Toujours garder à l'esprit que le cerveau doit rester le point fixe, et le corps le point mobile dans sa capacité d'action/mouvements.
Il est très important de réfléchir à cela de manière fréquence et formuler son but en 3 phrases simples et percutantes. Et répéter ces formules lorsqu'on se sent distrait.
Dans le même temps, une mise en place quotidienne de 10 minutes d'exercices qui puisse mettre en mouvement le corps, éprouvant sa dimension fonctionnelle “brute et naturelle”.
Ainsi, le petit écureuil pourra courir dans la roue vertueuse !
Il n'existe pas une minute de ma vie où mon esprit n'est fasciné par les questions relatives à la motivation. Ce sujet s'est imposé à moi au fil de mes expériences.
Dans mes jeunes années, je ne questionnais pas ce processus, les choses se faisaient automatiquement, avec une rage de vaincre, de réussir ses projets sans réfléchir.
Car j'appartiens à une génération où l'on avançait sans se poser de questions, où l'on voyait l'exemple de nos parents et grands-parents qui œuvraient d'une manière constante et naturelle. Ils étaient les héros discrets d'une époque de bon sens, ancrée dans les traditions.
Certes ! Mais ne me considérez pas comme une vieille réactionnaire qui regrette un passé à tout jamais enseveli parmi les limbes de la nostalgie !
Nous ne pouvons pas faire autre chose que de vivre dans un nouveau “paysage” culturel, économique et matériel extrêmement instable.
Le sens de beaucoup de choses se dissout, les règles du jeu changent d'un jour à l'autre.
Mais nous, les êtres humains, nous devons continuer à vivre, et à réussir nos projets, à tout point de vue.
Le coaching sportif est une voie royale qui nous oblige à nous questionner sur la mécanique de la motivation, pour pouvoir nous l'appliquer à nous-même et en transmettre les lois à nos élèves, de la meilleure manière qui soit. Et justement, à une époque où nous sommes confrontés à des “empêchements” subtils et assez pervers.
Ces ennemis à la mise en place de l'action sont :
Aujourd'hui je ne vais détailler que de ce dernier point :
Le lien humain est essentiel dans notre parcours à tous. Nous avons besoin de modèles, de professeurs et surtout de confrontations, que ce soit pour réussir dans le sport, dans la santé, dans sa montée en puissance physique et mentale. Car le lien humain est une sorte de ponçage à frottements durs. Il nous force sans cesse à se repositionner, à affûter nos armes, à savoir qui l'on est, et ceci fortifie les racines d'une sorte de courage dans l'action.
Je ne pense pas que l'on puisse atteindre grand chose dans un canapé, tout seul, avec cette petite baguette magique hypnotique en forme de rectangle plat !
Cependant, ce n'est pas un dénigrement de la puissance de frappe de l'outil numérique qui nous donne un “exocortex” très utile dans certains cas (GPS, communication, visibilité...), mais n'oublions jamais que toute baguette magique a un coût caché qui est toujours plus important que le gain (comme cela a toujours été détaillé dans l’anthropologie des contes de fée).
Aussi, ce que redoute la baguette magique, c'est la puissance discrète mais redoutable du lien....
Il a un sens aiguisé de l'observation, une logique implacable, une manière d'être unique qui le distingue des autres et il prend un ascendant notoire sur eux; certains le croient doué de pouvoirs magiques mais ce qui fait le charme et la puissance du personnage de Sherlock Holmes c'est qu'il n'utilise que des capacités humaines, poussées dans un raffinement ostentatoire.
J'aime décrypter les liens qui existent entre différents sujets à priori éloignés, pour savoir si les compétences dans certains domaines peuvent servir dans le registre de l'amélioration du corps humain.
Je trouve un lien évident entre un Sherlock Holmes et un danseur ou un comédien : c'est le fait que chacune de ces personnes va chercher dans le moindre détail et dans la moindre observation la connaissance de son propre corps, de la même manière que le fameux détective va prendre de l'information dans les indices laissés par les attitudes et comportements des intrigants.
Oui, le décryptage minutieux de son corps permet d’obtenir des résultats de transformation impressionnants. Par exemple, les grands comédiens s'entraînent au langage non verbal et attitudes de leurs personnages avec la même acuité que pour apprendre les dialogues, et les danseurs ont un sens de leur corps qui va des orteils jusqu'au bout de chaque doigt, et ils créent “des yeux “ dans les différentes parties de leur corps à chaque seconde de leur vie.
Aussi, l'idée d’exercer son esprit Sherlock Holmes par l'entremise d'une observation fine et constante sur son corps fait parti d'une cohorte de moyens en vue de s'améliorer. La première transformation du corps passera par l'observation minutieuse de la posture (colonne vertébrale droite, épaules rejetées en arrière, allure “hautaine”...) avant et après la séance de musculation.
Inlassablement j'aime à rappeler à mes élèves à quel point ce qui se dégage d'eux est largement aussi important que le travail d'entraînement physique proprement dit.
L'ascendant “naturel” est en grande partie lié à une concentration constante sur sa posture et sa gestuelle.
Donc, ce pourrait être un magnifique objectif de devenir le Sherlock Holmes de votre personnage !
